Les représentations du cerf sont nombreuses et variées. On le trouve notamment dans les livres de chasse (par exemple le célèbre Livre de chasse de Gaston Fébus, composé entre 1387 et 1389) mais il est également très présent dans les enluminures médiévales en général - dans les bestiaires par exemple ou même dans les marges des manuscrits.
Le cerf est facilement reconnaissable grâce à ses longs bois ainsi qu'à ses sabots fendus.
Dans l'antiquité jusqu'au Haut Moyen-Âge, la chasse au cerf n'a pas une bonne image. Elle est laissée aux lâches et aux peureux car il s'agit avant tout d'une course d'endurance contre l'animal qui de plus utilise la ruse pour échapper à ses agresseurs. C'est la chasse au sanglier ou à l'ours qui sont considérées comme les plus valorisantes pour le seigneur. En effet, ces chasses se terminent rapidement par un combat au corps au corps avec la bête et requièrent donc force, agressivité et courage. La chasse au cerf, au contraire, est moins violente et demande de l'astuce. Afin de montrer l'exemple, l'église va contribuer , à partir du XIIe siècle, à la reconsidération du cerf comme gibier aristocratique par excellence : il s'agit de lutter contre le comportement violent et bestial qui accompagne la chasse à l'ours ou au sanglier, pour valoriser un comportement plus noble et maître de ses passions, un comportement qui correspond davantage au croyant.
Dans la symbolique chrétienne, le cerf a effectivement une place importante. Il est un symbole de résurrection car tous les ans il perd ses bois mais ceux-ci repoussent. Le cerf blanc, couleur de la pureté, est considéré comme un symbole du Christ ou son envoyé - la chasse au cerf représente donc la voie du salut. La légende de Saint-Eustache, général romain amateur de chasse, rapporte qu'il se serait converti après avoir vu une croix entre les bois d'un cerf. Il prend alors le nom d'Eustache - auparavant Placidus : c'est la victoire du monothéisme sur les nombreuses divinités du panthéon romain. (Malgré tout, par la suite, Eustache et sa famille seront brûlés vifs dans un taureau d'érain, mais inébranlables dans leur foi ils seront sauvés par miracle). Le cerf est alors représenté avec des bois de dix andouillers qui correspondent aux dix commandements.
La symbolique du cerf restera longtemps chargé d'une grande importance. Le roi Richard II choisit comme emblème un cerf blanc reposant sur une terrasse herbue, tandis que Charles VI en France choisit le motif du cerf ailé (ou « cerf volant »).
Le cerf est donc un animal très positif. Le bestiaire médiéval le présente comme un animal plein de ressources : lorsqu'il est malade, il se soigne en mangeant un serpent - son pire ennemi - il a ensuite très soif et doit aller s'abreuver à la fontaine. Le serpent et son venin sont associés au diable et l'eau de la source à l'eau purificatrice du baptême.
Pour entretenir son corps, le cerf est le plus malin : il se couche sur une fourmilière qui se charge de le débarrasser de son vieux poil.
Dans la mythologie grecque, Actéon qui surprend Artémis, déesse de la chasse, au bain, est transformé par cette dernière en cerf. Actéon sera dévoré par ses propres chiens de chasse. Ce choix n'est certainement pas anodin car par ses bois qui repoussent chaque année plus longs, par la puissance de son brame en période de rut, le cerf est associé à la force virile.







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